Après l’expulsion de 3 pères de familles en mai et juin, une tentative d’expulsion a eu lieu début juin d’une famille complète, dont un enfant de moins de 3 ans. Annulée car l’un des enfants (jeune de 17 ans) s’est sauvé en sautant de la fenêtre du foyer au premier étage et reste introuvable depuis.

Alors que des engagements de relogement ont été faites pour la vingtaine de familles logées dans ce foyer qui doit fermé car insalubre, rien ne vient si ce n’est des expulsions de France et des pressions inadmissibles pour quitter le foyer sans solution de relogement pérenne…

La FSU de l’Ain, avec d’autres organisations syndicales et la FCPE ont protesté officiellement elors du CDEN du 29 juin. Voici la déclaration faite et restée sans réponse :

“Madame la Préfète,
Par la présente motion, nous, membres du CDEN, vous demandons de cesser les
expulsions du territoire français et la politique de harcèlement à l’encontre des parents
d’élèves en situation irrégulière.
Ces parents doivent pour certains ou certaines, suite à assignation à résidence, aller
signer tous les jours ou tous les 2 jours au commissariat, dimanche et jours fériés compris
parfois.
3 pères de familles ont été expulsés ces dernières semaines, au mépris de la convention
internationale des Droits de l’Enfant, dont la France est signataire et qui stipule :
– dans son article 3 : “Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient
le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des
autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être
une considération primordiale “.
– dans son article 9 : “Les États parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses
parents contre leur gré.”
Nous demandons l’arrêt immédiat de ces expulsions qui sont un traitement indigne fait à
ces parents, mettant en souffrance aussi leurs enfants.”

 


Un appel à solidarité a été lancé localement par des enseignants pour tenter de reloger une famille ayant 3 enfants dont un de 3 mois : 

Avec 100 adhésions, nous pouvons tous ensemble offrir un toit aux enfants M. pendant un an.
Comment ça marche ?
100 personnes donnent 6 euros par mois (ou plus) pour loger la famille pendant 1 an.
Comment participer ? 
C’est simple et rapide ! En remplissant le questionnaire https://forms.gle/s9dtFd7dTcPSmjkB7 
Nous souhaitons dans un premier temps identifier les donateurs potentiels. Vous serez contacté ensuite pour remplir le formulaire de don et d’adhésion. 
Pour nous écrire : UntoitpourArlea@gmail.com 

 


Nous publions ici aussi la lettre d’un enseignant car elle témoigne bien de l’inhumanité organisée actuellement par la préfecture de l’Ain.

” Madame l’Inspectrice,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Député,
Monsieur le Sénateur,
Mesdames les Sénatrices
Monsieur le Délégué Départementale de l’Education Nationale auprès du conseil d’école du groupe scolaire Jean Moulin La Victoire,

Ce matin à 7h30 je me suis rendu au foyer Sonacotra, 23 rue Henri Dunant à Oyonnax, d’où une famille m’a appelé pour une procédure d’expulsion en cours .

La famille H. a trois enfants dont une était scolarisée dans notre établissement l’an dernier, et deux autres garçons l’un de 17 ans et l’autre de trois ans.

Je suis arrivée sur place et j’étais accompagné de Mesdames …… et ……, toutes deux enseignantes dans mon établissement.

L’accueil par la directrice d’alpha 3A fut plus que glacial pour mes deux collègues arrivées sur place avant moi.

Nous n’avons opposé aucune provocation verbale à l’égard de cette personne et encore moins envers les forces de l’ordre arrivées en masse qui hélas, n’effectue que leur (bien triste) mission. Nous étions là en qualité de simples citoyens car nous sommes attachés au sort de ces personnes.

Je vous laisse imaginer dans quel état était les deux plus jeunes enfants concernés directement et leurs camarades, tous aux fenêtres du foyer, autour de policiers en armes équipés de tenues et protections d’interventions.

Je vous épargnerai aussi la scène où mon ancienne élève de 12 ans était en larmes dans mes bras avec à la main son petit frère de 2 ans et demi, avant qu’ils soient embarqués dans un fourgon banalisé sous les yeux de mes collègues effondrées.

Le grand frère s’est enfui ( 17 ans) et l’expulsion a finalement été annulée, mais leur appartement est confisquée et ALFA3A, sur ordre de l’autorité préfectorale va certainement les reloger dans un hôtel à Bourg en Bresse, mais ce n’est hélas, qu’un cynique atermoiement.

Il ne fait aucun doute que l’expulsion sera faite, le grand frère n’ayant aucun moyen de subsistance, va certainement être interpellé.

Il reste encore au moins 6 familles dans la même situation avec cette fois, des élèves scolarisés dans mon établissement .

Ces familles me téléphonent plusieurs fois par jour car elles ont peur d’être les prochaines sur les listes d’expulsion… Bien entendu, je ne sais plus quoi leur répondre.

Nul doute que nous serons mes collègues et moi prévenus par ces personnes, qui n’ont que les enseignants de leurs enfants comme ultime recours humain…

Nul doute également que nous serons présents à leurs côtés.. jusqu’au bout… et impuissants, y compris durant la période de vacances scolaires.

Nous estimons que cela relève de notre devoir d’enseignants de l’école laïque et républicaine, protectrice des droits fondamentaux des enfants, mais aussi et peut être surtout de notre devoir de citoyens, animés de valeurs qui sont les fondements de notre pays.

Je tenais seulement à vous tenir informés de ce que mes adjoints, les parents, et les élèves de mon école vivent au quotidien en cette fin d’année scolaire et ce depuis plusieurs mois, car cela relève de ma fonction, étant le garant du climat scolaire de mon établissement, ce qui constitue une des priorités de l’Éducation Nationale …

Avec mes respectueuses salutations.”